Comme son nom l'indique...

6.5.06

Renaissance, de Christian Volckman (2006)

Cinéma

Quel intérêt d'inventer de nouvelles formes pour raconter toujours les mêmes histoires ? Donner l'illusion que sous les nouvelles couches de nouvelle peinture se cache quelque chose que l'on n'a jamais vraiment regardé autrement ? La certitude mal placée que le risque repose dans la mise en images, et pas dans ce que l'on raconte ?

Spiderman 2 , de Sam Raimi (2004)

DVD

Dans un moment de retour, revoir la suite du déjà difficile Spiderman, et vérifier qu'elle est et pire et meilleure que la premièvre mouture. Meilleure, parce que bizarrement poétique par ses prouesses techniques, pire parce qu'encore plus complaisante et corrompue. La vraie déception vient de ce que le film porte en lui (le conflit, l'anormalité, le rapport au corps, l'intégrisme personnel) qui trop fugitivement se réalise à l'écran, noyé dans les scènes les moins intègres qui soient.

Tristement, la meilleure scène du film est celle du héros castré, forcé comme tout un chacun prendre l'ascenseur. L'auto-dérision revendiquée à quelque chose d'un aveu, comme un rappel à l'évidence que comme son héros, le film bande mou.

Collateral, de Michael Mann (2004)

DVD

Revu deux après Collateral. Moins bon que dans le souvenir qui m'en restait, sans doute à cause du pretexte, trop artificiel, et du parfum absent des fauteuils d'un ciné sur Nebraska Av.

Il en reste des flashes, des amorces musicales, de sautes de ton, en un devenir-clip avoué, pas pour le format ou l'efficacité commerciale, mais pour cette recherche de l'instant d'avant et de l'instant d'après. Les scènes dites "d'action" sont avalées en apnée, disqualifiant l'intellect au profit brutal du réflexe et de la rigueur professionnelle. A la limite, ce sont les transitions entre l'instant d'après et l'instant d'avant qui seraient insuffisantes, rendant trop sensible cette montée des marches dramatiques, donc trop mécanique.

Et pourtant, on flotte beaucoup, car si la musique fait passer le film du présent à l'imparfait, c'est plutôt autour d'un plus-que-parfait intermittent que s'établit Collateral. Sensations de vide, de plénitude, de répit, de fuite, composent comme un kaléidoscope dont certains miroirs seraient manquants.

Le personnage de Jamie Foxx n'a finalement pas grand intérêt, dépassé en tout par la figure incarnée par un Tom Cruise, comme en une perpétuelle improvisation renforcée par le grain numérique, et dont la rigueur et l'esprit de façade masquent très mal le vide croissant qui s'insinue en lui. Plan génial de Cruise courant après Foxx, autant aux abois que lui. Cadrages géniaux sur le petit Tom Cruise, de plus en plus réduit dans un cadre qui l'étouffe, puis dissous dans la ville. L'être qui s'affirmait inhumain finit dévoré par la ville qu'on dit inhumaine. Pas un hasasrd, évidemment.

Unique âme qui bruisse, celle, monstrueuse et immuable de la grande ville, la nuit, plaie béante ouverte à toutes les caractères, et qui leur survivra. Collateral est d'abord un film sur cette âme.