Comme son nom l'indique...

15.1.06

Histoire(s) de films français, de Jean-Luc Douin et Daniel Couty

Livre (exceptionnellement)

Histoire(s) de films français se présente comme un vaste tour d’horizon de la production française, depuis L’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat (1896) jusqu’à L’Esquive (2004). Plus d’un siècle de cinéma visité selon un principe simple : pour chaque film est précisé comment et dans quel contexte il a été réalisé, présentation suivie d’une analyse plus pointue, et plus personnelle. Insistons sur ce point, car au-delà de la diversité des rédacteurs (qui ne fissure en rien la cohérence de l’ensemble), ce sont très sensiblement des points de vue personnels qui s’expriment.

Cette somme extrêmement documentée renferme d’abord des histoires des films français considérés par les auteurs comme symboliques et importants, et, à ce titre, il faut souligner la qualité et la pertinence de présentations des films, où l’objet filmique est rarement traité sans prendre en compte le contexte culturel et collectif de l’époque. En filigrane, c’est une certaine histoire culturelle de la France qui affleure, annoncée par les auteurs dans leur préface, qui entendent aussi « proposer, par ricochet, une certaine Histoire de la France, et souligner ce dont le cinéma témoigne. »

Pourtant, au-delà des multiples entrées que propose l’ouvrage, et de la belle diversité des titres commentés, cette approche historique nationale connaît des limites, car l’on peut remarquer en creux l’absence de certaines œuvres qu’on aurait cru retrouver ici, certains réalisateurs mêmes (Lelouch évidemment, Astruc, Enrico, De Broca, Kahn, Jeunet…), tandis que d’autres peuplent de nombreuses pages (Renoir, Godard, Carné, Resnais, Truffaut évidemment). Le génie des uns n’enlève pourtant rien aux qualités des autres.

De même, le XXe siècle, déjà fécond, n’est illustré que par trois films (À ma sœur !, À tout de suite, L’Esquive). Remarques générales, qui ne font que marquer une évidence : l’histoire du cinéma français est trop dense et polémique pour être contenue toute entière en 800 pages serrées. C’est au contraire tout le mérite des auteurs de livrer une œuvre cohérente tirée d’un matériau si riche. Le reste n’est que la règle du jeu des listes des films.

Bourrée d’informations, joliment illustrée, intelligemment didactique, éditorialement rigoureuse et cohérente, cette Histoire(s) de films français est un excellent ouvrage qui fait date, une introduction riche et stimulante aux films du cinéma français, qui propose une certaine lecture d’un grand siècle d’histoire hexagonale dessinée par son cinéma.

Histoire(s) de films français
Sous la direction de Jean-Luc Douin et Daniel Couty
Editions Bordas
800 pages illustrées N&B et couleurs
Relié

Aucun commentaire: