DVDRevu la première heure et quart de La Guerre des Mondes vue par Spielberg, dans mon souvenir la meilleure part du film, car avant l'arrêt en un lieu, quand tout auparavant n'est que fuite désespérée. Sans même parler de l'imparable maîtrise technique du réalisateur, j'ai été frappé par sa maîtrise de l'information qu'il choisit de transmettre au spectateur, ou comment, d'une phrase a priori anodine de Dakota Fanning (ça ne s'infectera pas, mon corps la rejettera) annoncer l'air de rien la fin du film ; comment par le rythme et le dialogue conjugués il nous emmène là où il le souhaite, parvenant ainsi à nous détourner de ce qui pourrait nous expulser du courant narratif qu'il a choisi de creuser.
Admiration aussi par le crescendo (boléro semble dans ce cas encore mieux adapté) horrifique qu'il bâtit lors des vingt-cinq premières minutes du film, durant lesquelles le film ne semble pas progresser de marches en marches, mais bien suivre un chemin dont la pente serait régulière. Sans esbrouffe ni artifice narratifs, Spielberg passe du normal à l'anormal, dans une bascule sans chute. Soit la chute l'a lointainement précédée, soit c'est la condition humaine qui est ainsi. Sans tenter ici d'apporter des réponses, cette linéarité vers l'horreur et la panique est à tous titres unique.
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