CinémaIci aussi, il s'agit de bien finir, après avoir mal duré. C'est l'histoire d'un Elvis faux sosie de lui-même, qu'une hanche cassée a jeté dans ce mouroir bizarre. Voisin de chambre,JFK, noir. Face à eux, une fumeuse momie suceuse de fondement virée d'Egypte, et échappée d'un camion conduit par des voleurs victimes des intempéries. Tout ça n'a pas grand sens, d'autant que les propos les plus invraisemblables sont assénés avec la gravité laplus solennelle et la plus impénétrable. Le film mêle ainsi morceaux d'angoisse, scènes de suspense, franche rigolade, pauses récréatives, le temps d'un bon mot, ou d'une vérité scatologique première.
Dans ce fatras des plus improbables, qu'est-ce-qui fait qu'on se prend d'affection pour cette histoire et pour ces paumés ? C'est qu'il s'agit d'abord de dignité, et de s'acquitter, après avoir tout merdé, de l'ultime chance qui est offerte, un prétexte insipide et improbable, histoire de briller une dernière fois, en grande tenue mais enfin sans artifice. Elvis en costume de scène (et en déambulateur), JFK black en costume impeccable (en en fauteuil), deux survivants qui pour un dernier baroud remontent l'allée de la maison de retraite au ralenti, et sans rire, quelle plus belle peinture de cette idée passée de mode, qu'à la fin, on peut encore être un homme bien ?
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