Comme son nom l'indique...

7.3.06

L'Homme de l'Ouest, d'Anthony Mann (1958)

Cinéma

L'Homme de l'Ouest, western de la fin, peuplé de fantômes et d'archétypes mortifères, toujours sur un faux rythme, où chaque trace de grandeur, d'héroïsme, de bravoure même, est méthodiquement et implacablement, pour mieux montrer la sécheresse, la rudesse, l'aridité des terres et des hommes. D'une certaine façon, il ne s'agit que de bien mourir, en s'accordant juste le temps de faire ce qui doit être fait.

Merveille de mise en scène, et pourtant quelque chose cloche. Certes, on avance à grands pas feutrés vers la Tragédie, tout est en place, mais deux impuretés dans ce joyau de pourriture viennent gêner : le jeu de Lee J. Cobb, outré, et ces coïncidences narratives trop forcées pour faire vrai, surtout dans la première demi-heure. De même, les états moraux de Julie London passent mal malgré son physique atypique. Et pourtant, Gary Cooper survole le film.

Chiasme enquiquinant, quand on aimerait hausser L'Homme de l'Ouest au statut de mythe, quand il ne s'agirait peut-être que d'un essai historique, dont la trace est à observer longtemps. Celui qui rêve encore est déjà mort.


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