Comme son nom l'indique...

13.1.06

La Mort aux Trousses, d'Alfred Hitchcock (1959)

Télé

Revoir La Mort aux Trousses pour la 75e fois, et le voir comme pour la première fois. Redécouverte permanente, le film m'a cette fois-ci étonné par l'artificialité revendiquée des situations, obstacle nécessaire dans le système hitchcockien pour mieux nous emmener là où il le souhaite. Maîtrise absolue qui rend crédible toute situation, même la plus absurde (l'avion) ou la plus invraisemblable (le final sur le mont Rushmore où tout, actions, dialogues, costumes, postures et réactions est à ce point invraisemblabls que nul autre d'Hitchcock n'arriverait à faire tenir ça, et de quelle façon !). On est au cinéma, on est au spectacle.

Epaté aussi par la confiance des interprètes dans ce type d'entreprise. On a beaucoup glosé sur la rigidité du système et le peu de place laissé au comédien dans cette cage. Et pourtant, Cary Grant ici, James Stewart ailleurs, se glissent dans leurs plans et les volent de tout leur talent. Un vol bien urbain, puisque que le réalisateur, qui encore une fois a tout compris avant et mieux que tout le monde, réinscrit cette velléité dans son projet. Un regard, une, un clignement, quelques traces de l'humain qui animent la machine. En un sens, Hitchcock est d'abord un alchimiste.

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