Comme son nom l'indique...

2.1.06

Le Monde de Narnia, d'Andrew Adamson (2005)

Cinéma

Le Monde de Narnia, première réalisation en prises de vues réelles de l'un des auteurs de Shrek repose sur un paradoxe plutôt gênant lors de la séance : alors qu'il est annoncé comme le premier opus d'une série (titre complet : Le Monde de Narnia : chapitre 1 - le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique), qui justifie une exposition ample (pour en pas dire longue), développée par les découvertes respectives dudit monde par les protagonistes, le film se clôt parfaitement, les héros saufs, les méchants défaits, l’harmonie et le bonheur retrouvés. Tout cela est bel et bon, mais qu’est-ce qui justifie dès lors les chapitres à venir, sinon le développement d’une suite littéraire basée avant tout sur un univers, et pas sur des personnages ?

Il semble qu’un tel programme ne puisse réellement fonctionner que si les personnages ont précisément assez de chair et d’esprit pour porter cette histoire restreinte. Malheureusement, les quatre héros, frères et sœurs, manquent singulièrement d’épaisseur quand ils ne font pas tout simplement tapisserie, d’autant que l’interprétation, vieux talon d’Achille des films interprétés par des acteurs jeunes, fait ici violemment défaut : un seul personnage en réalité retient l’attention, celui de la plus jeune de la fratrie, dont la malice et l’innocence font mouche dans les scènes intimistes, plus emballantes que les scènes à grand spectacle.

Incidemment, Le Monde de Narnia pose une question plutôt bienvenue : comment filmer une scène de bataille fantastique après les combats de Pelennor du Seigneur des Anneaux ? Si l’on sent la volonté de se colleter avec l’exemple jacksonien, la réponse proposée convainc peu, car là où Les Deux Tours acquéraient un supplément d’âme, hissant la mise en images du texte à la hauteur du mythe épique, Narnia propose des tapisseries certes remplies de couleurs chatoyantes, mais faiblement animées par des figures sans âme, qui bien entendu ne manqueront pas à l’appel final. Il est parfois souhaitable que quelques uns des héros meurent à la fin.

La fiche Monsieur Cinéma

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