DVDA un moment, Tom Baxter, qui a quitté l'écran pour l'amour de Cecilia, l'embrasse, et, attendant le fondu qui dans les films prend la place de l'acte sexuel, est abasourdi de l'absence de celui-ci dans la "vraie vie". La fréquentation intensive de films, d'histoires de cinéma, de personnages de cinéma peut provoquer chez le spectateur prédisposé le développement de cette dangereuse propension à appliquer au réel les comportements de l'écran, à découper les moments de son existence en séquences, à attendre des autres des attitudes de cinéma.
De même, le cinéma, et plus sensiblement ses histoires, reposent dans leur immense majorité sur les notions de responsabilité, de culpabilité, de courage, autour d'un dessein grandiose et unanime (l'amour), omniprésent et omnipotent. Le romanesque est la maladie profonde de Cecilia, son drame, et sa perpétuelle déconvenue.
L'enjeu ici est double : le premier est celui de l'histoire, ou plutôt le succès de la narration, maintes fois remis en jeu, pour une durée qui variera de 1 à 12 bobines. Le second est un travail permanent, une sape inconsciente et informe, celle de la Nature qui en vient à souhaiter imiter l'Art, ie. le bovarysme.
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