CinémaL'idée est géniale : une troupe d'humains est miniaturisée pour pouvoir évoluer à l'intérieur d'un corps humain. Dans le contexte de la Guerre Froide et de la peur nucléaire, une telle trame possède une richesse prodigieuse. Quelques termes scientifiques énoncés avec un aplomb impertubable, quelques plans d'écrans oscillo d'époque, quelques commandements militairement procéduriers, et une exposition sans rire : le décor est planté.
L'idée est géniale, son traitement l'est beaucoup moins : intrigue mal menée, dialogues plats quand ils ne sont pas improbablement sérieux, personnages auquel le scénario rend très mal justice, faisant d'eux des enveloppes si fines que les interprètes ne peuvent s'y glisser. Ces mêmes interprètes rivalisent d'inexpressivité, peu servis par une réalisation des plus quelconques. Tout cela a très mal vieilli, et prête aujourd'hui largement à sourire. Plus objectivement, le film se pose comme l'exact équivalement de la SF écrite par Asimov : les univers, les situations, les intuitions sont géniales, le style est médiocre quand il n'est pas inexistant.
Pourtant, il reste quelque chose de fort dans cette plongée dans le corps humain, dans l'infiniment petit et surhumain, dans ces grandes caves mauves et ondulantes, dangereuses, insolubles, et fascinantes. J'aurais adoré découvrir ce film il y a 15 ans.
1 commentaire:
Disons que çe n'est pas que je n'aime pas le film, mais que je regrette plutôt qu'il n'ait pas été meilleur.
Effectivement, les décors et les atmosphères fascinent et impressionnent, mais je me dis que ce film aurait pu être beaucoup plus si son scénario avait été beaucoup plus travaillé. L'idée est merveilleuse, mais pas assez exploitée.
Autre explication possible : je ne parviens plus aujourd'hui à avoir le regard innocent que j'aurais pu avoir il y a dix ans, qui m'aurait fait négliger ce que je considère comme des insuffisances. Regret d'un acte manqué, donc.
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