Comme son nom l'indique...

19.2.06

Procès de Jeanne d'Arc, de Robert Bresson (1962)

DVD

Ecrit intégralement d'après les minutes du véritable procès de Jeanne d'Arc, le film est une objection fulgurant, dont la longueur, à peine plus de 60 minutes, crée comme un sentiment d'urgence, comme une nécessité de raconter cette histoire, non dans un temps imparti, mais dans une durée que Bresson s'est lui-même, de crainte peut-être de perdre cette vibration vitale en cas d'étalement.

Tout de suite, on a conscience d'un engrenage insoluble, qui malgré la défense droite et juste de la Pucelle ne saurait finir autrement que par les flammes. Un certain manichéisme est d'ailleurs à l'oeuvre ici, dans les figures de religieux et des militaires anglais, qui, à trois exceptions près, constrastent au plus fort avec la posture sainte de l'héroïne. Cette-ci est filmée comme une incarnation de la Foi, roseau tendu, qui ne se brise que pour mieux se redresser, et au final rien n'abdiquer.

Nécessité historique, Jeanne doit mourir. Son procès, son supplice, et les moment qui lient cette chemin de croix et sa délivrance sont filmés selon un système très précis, dont la récurrence des cadre souligne encore l'épreuve permanente, et l'absence de refuge, sinon moral, de Jeanne. Le monde est hostile, la foule (jamais montrée) est meurtrière, les lieux symboliques suintent l'inhumanité et la mort, quand les jugements semblent minables de compromissions, de trahisons, de lâchetés. Dans ce monde physique pétri de pourrissures, Jeanne est un champ de pure piété. C'est sans doute ce qu'on lui reprochera le plus.

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