TéléObjectivement, ça n'est pas un film sérieux. Des truckers trouvent l'Arizona, et le Nouveau-Mexique pour échapper à un flic aigri après une bagarre dans un saloon. Autant dire que l'amateur d'intrigues huilées aura peu à manger (origine du film : une chanson de country). Un plaisir pourtant : les dialogues, qui chantent la belle mécanique de véhicules ("il ne vit qu'entre 1800 et 2100 trs/min", confesse Kris K. à propos de son camion) et la franche collaboration entre les routiers et les forces de l'ordre ("Ce flic revient plus souvent qu'un boomerang", dit le même, après la bagarre). Du grand niveau, donc.
En revanche, le plaisir pris Peckinpah à jouer avec les scènes "d'actions" (bagarres, accidents, carambolages, explosions, ...) est manifeste. Usant et abusant de ralentis, étirant les scènes pour le simple plaisir de montrer un angle différent, et d'en rajouter encore un peu sur une table qu'on casse ou une maison pulvérisée par un Mack, et le décorum routier qui va avec.
Au milieu, les beaux yeux ténébreux de Kris Kristofferson, les épaules luisantes d'Ali McGraw, la bouille amie de Seymour Cassel, et le complice Ernst Borgnine n'ont pas grand chose à jouer, mais le font bien. On imagine surtout les fêtes de tournages...
Avant-dernier film de son auteur, il lui fournit l'occasion de s'amuser avec quelques scènes stupides que rehausse une mise en scène à géométrie variable, ainsi cette chevauchée de camions sur les pistes poussièreuses, accompagnés par une valse de circonstance, ou ces bagarres de Far West rythmées country. Bref, Le Convoi est d'abord une blague entre amis, comme un grand-frère très seventies de Shérif fais moi peur, avec un truck dans le rôle de General Lee.
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