Comme son nom l'indique...

2.2.06

La Charge des Tuniques Bleues, d'Anthony Mann (1955)

Cinéma

C'est loin d'être le meilleur western de Mann, mais il n'est pas pour autant dénué de qualités. Le réalisateur passe d'un registre à un autre avec une aisance constante, maître de son art et de ses techniques. Surtout, il possède ce talent de savoir faire exister un plan jusqu'à sa mort naturelle et consentie, car chacun possède sa juste longueur, parfaite dans la construction globale, et idéale dans ses potentialités, comme dans cette longue prise qui accompagne Mature du sol vers un arbre, puis qui dévoile les Indiens cachés, à l'affût des Tuniques Bleues sur le point du massacre.

Qualité de forme, au service d'une intelligence de l'histoire, et d'un regard personnel. Intelligence de l'histoire : pendant une heure, pas un cadre qui ne soit contraint, bouché, limité, clôturé, obstrué par une palissade, une colline, un mur, une montagne, ou comment traduire visuellement le piège, l'enfermement, l'impasse physique et mentale. Regard personnel, et d'abord sur Ned Cooper, cet éclaireur qui ne rêve que d'être accepté par la société tout en conservant une vraie sauvagerie. Le personnage, porté par son interprète, contrecarre toute réduction, et, à l'image de ce faux film de genre, s'échappe en permanence.

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