Comme son nom l'indique...

3.2.06

Munich, de Steven Spielberg (2006)

Cinéma

Traditionnellement, on essaie de ne pas trop prêter l'oreille au foin fait auour d'un film à sa sortie, histoire de conserver une fraicheur de vue, loin de polémiques partisanes et dirigées. Entorse espérons-le exceptionnelle, à propos de Munich, film considéré selon une foultitude de mouvais critères, et d'abord pour ce qu'il n'est pas. Il l'est indiqué dans la générique, Munich est inspiré de faits réels, et écrit à partir d'un livre, lui-même relecture subjective d'un événement et d'une époque. Evidemment, choisir d'écrire ou de tourner n'est pas non plus innocent, et on le revendique forcèment, mais il faut garder à l'esprit que c'est une histoire que l'on nous raconte, pas l'Histoire.
Contre-argument (débile) : les spectateurs ne le savent pas, ou plutôt, un film bien ficelé peut faire passer en douce n'importe quelle idée, par exemple une relecture de l'histoire. Raisonnement stupide, qui revient à affirmer que les spectateurs absorbent ce qu'ils voient, sans esprit critique, sans recul, sans intelligence aucune. Accessoirement, affirmer cela équivaut à s'extraire de la masse ignarde et ectopasmique. Nauséabond.

Egalement problèmatique, l'interprétation géopolitique franco-française, et si possible anti-américaniste. Le film serait l'expression du point de vue américain sur la question du Proche-Orient. Cette proposition est récurrente dans le cas de Spielberg, à qui on n'a jamais peut-être accordé le droit moral de faire autre chose que de l'entertainment (petite annonce : je cherche quelqu'un qui m'explique ce que ce mot veut dire). Munich renvoie au contraire dos à dos les protagonistes du conflit qu'il filme, mettant en lumière ses impasses et son mécanisme. Les Twin Towers qui closent le film sont bien plus la manifestation d'un appel à balayer aussi, et d'abord, devant sa porte, fût-elle l'Atlantique.

Toujours aussi énervant, cette propension médiatique à considérer d'abord le coup de main technique de Spielberg, et les formules qu'il utiliserait pour construire ses intrigues. Ainsi, certains ont vu Munich comme le Mission Impossible du Mossad, avec son leader charismatique, mais tourmenté, et sa troupe d'acolytes mono-usage. Munich est avant tout affaire d'hommes plongé dans une tourmente, et c'est justement ce que Spielberg capte le mieux, l'humanité derrière la terreur.

Malgré ce que ses défenseurs et ses critiques en disent, il faut voir Munich, pour se faire, comme on disait il y a encore peu, une opinion.


Note personnelle à usage collectif : ceci n'est pas une critique où j'ai consciencieusement évité de parler du film. L'Agument Mike Vargas est, j'ose y croire, le prétexte de chroniques libres.

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